Simulateur Rupture Conventionnelle
Calculez votre indemnite de depart negociee
Annuel
Mensuel
Moyenne des 12 ou 3 derniers mois (le plus avantageux)
Montant negocie avec l'employeur (doit etre >= minimum legal)
Indemnite minimum legale
4 125 €
plancher obligatoire
Indemnite finale
4 125 €
montant a recevoir
En mois de salaire
1,38 mois
Droit au chomage
Oui
Delai total
~45 jours
Detail du calcul
Pourquoi preferer la rupture conventionnelle ?
Contrairement a la demission, la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chomage et garantit une indemnite de depart.
Calendrier de la procedure
Entretien(s) prealable(s)
Discussion entre le salarie et l'employeur (1 ou plusieurs entretiens)
Signature de la convention
Accord sur le montant et la date de depart
Delai de retractation : 15 jours calendaires
Chaque partie peut revenir sur sa decision sans justification
Demande d'homologation DREETS
Envoi a l'administration (anciennement DIRECCTE)
Delai d'instruction : 15 jours ouvrables
Silence = acceptation. Le contrat peut alors etre rompu.
Conseils pour negocier
Viser 1 a 2 mois supplementaires
En pratique, les employeurs acceptent souvent plus que le minimum
Negocier la date de depart
Pour optimiser le timing du chomage ou d'un nouveau poste
Verifier la convention collective
Elle peut prevoir des indemnites superieures au minimum legal
Demander la portabilite mutuelle
Maintien gratuit de la mutuelle pendant 12 mois max
Fiscalite de l'indemnite
L'indemnite de rupture conventionnelle beneficie des memes exonerations que l'indemnite de licenciement :
- Exoneree d'impot dans la limite de l'indemnite legale ou 2 PASS (92 736 € en 2026)
- Exoneree de cotisations dans les memes limites
- Forfait social de 20% a la charge de l'employeur sur la part exoneree
Procédure étape par étape : des entretiens à l'homologation DREETS
La rupture conventionnelle obéit à une procédure strictement encadrée par les articles L.1237-11 à L.1237-16 du Code du travail. La première étape consiste en un ou plusieurs entretiens préalables entre le salarié et l'employeur. Aucun formalisme particulier n'est imposé pour la convocation à ces entretiens, mais il est recommandé de conserver une trace écrite. Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou, en l'absence de représentant dans l'entreprise, par un conseiller du salarié inscrit sur la liste départementale.
À l'issue des entretiens, si les deux parties s'accordent, elles signent une convention de rupture conventionnelle sur le formulaire Cerfa n° 14598*01. Ce document précise la date de rupture du contrat de travail, qui ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation, ainsi que le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle. La convention est ensuite transmise à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) pour homologation. Cette demande peut être effectuée en ligne via le portail TéléRC.
Le délai de rétractation de 15 jours calendaires
Après la signature de la convention, chaque partie dispose d'un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Ce délai commence à courir le lendemain de la date de signature de la convention. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est reporté au premier jour ouvrable suivant. Pendant cette période, le salarié comme l'employeur peuvent revenir sur leur décision sans avoir à fournir de motif ni d'explication.
La rétractation doit être notifiée à l'autre partie par tout moyen attestant de sa date de réception : lettre recommandée avec accusé de réception, lettre remise en main propre contre décharge, ou tout autre moyen permettant d'établir avec certitude la date de notification. Si l'une des parties se rétracte dans les délais, la procédure s'arrête et le contrat de travail se poursuit normalement. Il n'existe aucune pénalité ni indemnité liée à l'exercice du droit de rétractation. La demande d'homologation ne peut être envoyée à la DREETS qu'à l'expiration de ce délai de 15 jours.
Régime fiscal et social de l'indemnité de rupture conventionnelle
L'indemnité de rupture conventionnelle bénéficie d'un régime fiscal avantageux identique à celui de l'indemnité de licenciement. La fraction exonérée d'impôt sur le revenu correspond au plus élevé des montants suivants : l'indemnité légale de licenciement, 50 % de l'indemnité totale versée, ou deux fois la rémunération annuelle brute de l'année civile précédente. Ce plafond d'exonération est toutefois limité à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (6 PASS).
Du côté des cotisations sociales, l'exonération s'applique dans la limite de 2 PASS (environ 92 736 euros en 2026). Au-delà, les cotisations sont dues sur l'intégralité du dépassement. L'employeur supporte un forfait social de 20 % calculé sur la part de l'indemnité exonérée de cotisations. La CSG et la CRDS sont prélevées sur la fraction dépassant le montant de l'indemnité légale de licenciement applicable. Attention : pour les salariés en droit de bénéficier d'une pension de retraite, l'indemnité de rupture conventionnelle est intégralement soumise à l'impôt et aux cotisations sociales dès le premier euro, depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023.
Rupture conventionnelle, licenciement et démission : quelles différences ?
La rupture conventionnelle se distingue fondamentalement du licenciement et de la démission sur plusieurs points. Le licenciement est une rupture unilatérale à l'initiative de l'employeur qui doit reposer sur un motif réel et sérieux (personnel ou économique). La démission est une rupture unilatérale à l'initiative du salarié. La rupture conventionnelle est un accord mutuel entre les deux parties, ce qui lui confère une sécurité juridique renforcée pour l'employeur car elle est beaucoup plus difficile à contester devant les tribunaux.
En termes de conséquences financières, la rupture conventionnelle garantit au salarié une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, ainsi que l'ouverture des droits au chômage. La démission ne donne droit à aucune indemnité (sauf le solde de tout compte classique) et n'ouvre pas droit au chômage sauf cas exceptionnels (démission légitime). Le licenciement ouvre droit au chômage et à l'indemnité de licenciement, mais expose l'employeur à un risque de contestation prud'homale. Pour le salarié, la rupture conventionnelle est souvent la solution la plus avantageuse car elle combine indemnité et droits au chômage.
Droits au chômage après une rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle ouvre automatiquement droit aux allocations chômage (ARE - Aide au Retour à l'Emploi), contrairement à la démission. Le salarié doit s'inscrire comme demandeur d'emploi auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la fin de son contrat. Les conditions d'éligibilité sont les mêmes que pour tout demandeur d'emploi : avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les plus de 53 ans).
Toutefois, un différé d'indemnisation s'applique lorsque l'indemnité de rupture conventionnelle dépasse le minimum légal. Ce différé spécifique est calculé en divisant la part de l'indemnité supra-légale par le salaire journalier de référence, dans la limite de 150 jours calendaires. S'y ajoute un délai de carence de 7 jours. Concrètement, plus l'indemnité négociée est élevée au-delà du minimum légal, plus le versement de l'ARE sera retardé. Il est donc crucial de bien calculer l'impact de la négociation sur le calendrier de vos droits au chômage.
Négocier sa rupture conventionnelle : conseils pratiques
La négociation de l'indemnité est au cœur de la rupture conventionnelle. Le montant plancher est l'indemnité légale de licenciement, mais rien n'interdit de négocier un montant supérieur. Pour préparer votre négociation, rassemblez vos arguments : ancienneté, performances, difficultés de remplacement, contexte de la demande (si elle émane de l'employeur, votre position est plus forte). Renseignez-vous sur les pratiques de votre secteur et les montants habituellement accordés dans votre convention collective.
Au-delà de l'indemnité financière, d'autres éléments peuvent être négociés : la date de fin du contrat (pour optimiser vos droits au chômage ou terminer un projet), le maintien de la mutuelle d'entreprise au-delà de la portabilité légale de 12 mois, une clause de non-concurrence et son éventuelle levée (qui peut représenter un montant significatif), ou encore une lettre de recommandation. Pensez également à négocier le solde de vos jours de congés payés et de RTT : vous pouvez demander à les prendre avant la date de rupture plutôt que de les percevoir sous forme d'indemnité compensatrice soumise à charges.
Cas particuliers et situations protégées
Certaines catégories de salariés bénéficient d'une protection renforcée qui impacte la procédure de rupture conventionnelle. Pour les salariés protégés (représentants du personnel, délégués syndicaux), la rupture conventionnelle doit être autorisée par l'inspecteur du travail et non simplement homologuée par la DREETS. L'inspecteur vérifie notamment l'absence de lien entre la rupture et le mandat du salarié. Le refus de l'inspecteur peut être contesté devant le tribunal administratif.
Les femmes enceintes peuvent conclure une rupture conventionnelle, à condition que leur consentement soit libre et éclairé. Toutefois, la jurisprudence est particulièrement vigilante sur l'absence de pression. De même, les salariés en arrêt maladie ou victimes d'un accident du travail peuvent signer une rupture conventionnelle, mais le juge veillera à l'absence de tout vice du consentement. Si la rupture est prononcée dans un contexte de harcèlement moral ou de conflit, elle pourra être annulée par le Conseil de prud'hommes, ce qui entraîne la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse.